“Je n’ai pas besoin du féminisme” : comment idées fausses et préjugés à propos du féminisme sont une menace envers le mouvement, et par conséquent, les droits des femmes

Au cours des derniers mois, j’ai passé beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, que j’ai toujours considéré comme de véritables moyens d’expressions pour les idées, pensées et sentiments des individus. Cela m’a permis de rassembler des réactions variées à des sujets tout aussi variés, provenant de l’ensemble du monde. Bien évidemment, il est illusoire de penser ne pas pouvoir également croiser les meilleures expressions de la stupidité humain au cours d’un tel voyage, mais cela fait partie de la liberté de pensée et d’expression.

Le féminisme a toujours été un sujet éveillant beaucoup de curiosité en moi. Par conséquent, lorsque j’ai découvert la tendance « I don’t need feminism » (« Je n’ai pas besoin du féminisme »), sur Twitter, Facebook ou Tumblr, je me suis calmement arrêté, avant de me lancer dans une lecture profonde afin de véritablement comprendre les raisons pour lesquelles des individus choisiraient de s’exprimer au travers d’un tel mouvement.

Évidemment, chacun est libre d’exprimer ses opinions, et si une personne pense qu’elle n’a pas besoin du féminisme, tout le monde se doit de respecter un tel choix, ce qui est quelque chose que je fais. Cependant, le but de cet article est de s’interroger sur les raisons poussant ces personnes à penser cela, et de montrer à quel point leurs arguments reposent la plupart du temps sur des préjugés ou des idées fausses, avant de finalement étendre la perception du féminisme au travers du mouvement « Je n’ai pas besoin du féminisme » au reste de la société et de réfléchir sur sa définition, son rôle et son avenir. Dans cet article, le terme « Hommes » fait référence à tous les êtres humains (Homo Sapiens) tandis que le mot « hommes » concerne les individus masculins.

        « Je n’ai pas besoin du féminisme car »

En menant de nombreuses recherches et en explorant Internet, je me suis rapidement rendu compte que les arguments des individus pouvaient être classés en plusieurs catégories. Je ferai référence à ces derniers en tant que « femmes » puisqu’elles représentent la grande majorité des personnes faisant partie de ce mouvement.

● « Je peux voter, j’ai accès à une éducation supérieure, je ne suis pas harcelée, etc »

La première catégorie rassemble des femmes expliquant à quel point leurs vies sont aux antipodes des problématiques soulevées par le féminisme. « Je n’ai pas besoin du féminisme car mon copain n’est pas violent avec moi, parce que je suis autant payée que mes collègues masculins, parce que personne ne me harcèle dans la rue, parce que je n’ai pas subi de mutilations génitales, etc. »

Je n’ai qu’une seule chose à répondre à ces femmes. Je suis heureux que vos vies soient ainsi, vraiment. Je voudrais qu’il y ait beaucoup plus de femmes comme vous, mais la réalité est bien différente. Qu’en est-il des autres 3,5 milliards de femmes à travers le monde ? Elles n’ont sûrement pas les mêmes chances et opportunités que vous.

Cette première catégorie rassemble simplement les femmes qui n’ont pas fait l’expérience de l’inégalité des sexes.

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● « Je peux penser par moi-même, mener mes propres combats. »

Les féministes ne sont pas vos parents. Ces personnes ne sont pas là pour vous dire quoi faire ou quoi penser, ou prendre des décisions à votre place. Les hommes politiques le sont, dans une certaine mesure, et personne ne s’en plaint. Peu importe ce qui est dit à leur propos, on ne peut nier l’évidence, c’est-à-dire qu’ils sont des individus intelligents et très éduqués capables de diriger un pays mieux que n’importe qui.

Un autre exemple de ce qui pense à votre place et vous influence ? La télévision et la vaste majorité des médias, et pourtant personne ne s’inquiète et n’ose s’exprimer à travers un mouvement « Je n’ai pas besoin de la télévision car… »

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● « Je ne suis pas une victime »

A propos de cette troisième catégorie, il me semble important de revenir sur la définition du féminisme. Je ne vais pas entrer dans les détails puisqu’il s’agit là du sujet de la prochaine partie de cet article, mais disons, simplement, qu’il signifie lutter pour l’égalité entre hommes et femmes dans des domaines variés. Une telle définition repose sur le principe qu’aujourd’hui, les femmes, possèdent moins de droits que les hommes, et qu’ils ne sont pas systématiquement autant respectés que ceux des individus masculins.

Je pense qu’il est juste, bien que fortement simplifié, de dire que le féminisme implique que les femmes sont, en moyenne, inférieures aux hommes dans certaines aspects de leurs vies, et n’ont pas autant d’opportunités qu’eux.

Les femmes utilisant l’argument « Je ne suis pas une victime » ne veulent pas se rendre compte de la réalité de la situation, et ne peuvent supporter l’idée d’être “inférieures”. Encore une fois, il s’agit là d’une idée générale, et cette catégorie est reliée aux deux précédentes dans la mesure où « Je ne pense pas être inférieure » signifie « Je ne vis pas dans une situation qui me fait ressentir que je le suis », ou parce qu’elles pensent simplement que les femmes ne sont pas inférieures aux hommes, ce qui est une idée sur laquelle toute personne un tant soit peu intelligente sera d’accord.

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● « Le féminisme est associé à la haine des hommes »

J’ai cessé de compter combien de fois j’ai lu cela, écrit sur des petits morceaux de papier blanc brandis par ces femmes, « Je n’ai pas besoin du féminisme car je ne déteste pas les hommes. »

Le féminisme concerne l’égalité sociale, économique et politique. Et l’égalité n’a rien à voir avec la haine. Il n’y a pas grand chose de plus à expliquer. Bien sûr, on me répondra que ce n’est pas la définition du féminisme qui est jugée, mais les actions qui, semble-t-il, vont à l’encontre des hommes. On me donnera les exemples de féministes luttant contre une garde partagée accordée plus souvent aux hommes, on me citera des phrases misandres provenant de féministes, mais ces individus ne représentent qu’un pourcentage si faible que cet argument cesse d’être pertinent.

Quelques individus féministes détestent les hommes, et sont fiers de se présenter en tant que féministes, je ne le cache pas, mais cela fait bien plus de ces personnes des misandres que des féministes.

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● « J’ai besoin de l’égalitarisme et non du féminisme »

Il s’agit du sujet de la dernière partie de cet article, qui explique comment ces deux notions sont légèrement différentes bien qu’entrecoupées. Si elles sont proches l’une de l’autre, pourquoi demander l’égalitarisme en lieu et place du féminisme serait-il un problème ? Il est vrai que, puisque l’égalitarisme implique le féminisme, être à la recherche de l’égalitarisme signifie être à la recherche du féminisme, mais à la seule condition que l’on connaisse exactement les définitions des deux mots et la minime différence entre eux.

Là est le problème, puisque les personnes s’exprimant à travers ce genre d’arguments le font parce qu’elles pensent que le féminisme vise à placer les femmes à un rang dominant, à surpasser les hommes, et voient ainsi en l’égalitarisme la solution à l’égalité qu’elles recherchent.

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● « Les féministes m’ont dit que je méritais d’avoir été violée, etc »

Toutes ces femmes ont été en contact avec des « mauvaises féministes ». Je n’ai jamais prétendu et je ne le ferai jamais que chaque personne féministe est un individu merveilleux faisant de son mieux pour transformer le monde en une terre meilleure.

Pourquoi ? Premièrement, car n’importe qui, même la personne la plus raciste au monde, peut prétendre être féministe. Pas besoin d’avoir une carte, une attestation ou de payer quoi que ce soit, tout ce qu’il y a à faire est de dire « Je suis féministe, maintenant laissez moi vous expliquer pourquoi les hommes sont des pervers qui ne cherchent juste qu’à coucher avec des femmes et les quitter le lendemain. » Et voilà, vous associez maintenant le féminisme avec une idée stupide quand en réalité tout ce qu’il s’est passé c’est que vous avez rencontré une personne débile prétendant être féministe sans avoir aucune connaissance du mouvement.

Sans forcément être des idées, il peut aussi s’agir d’actes, par exemple se faire répondre par quelqu’un se présentant comme féministe que vous méritez d’avoir été violée avec une jupe aussi courte, ou bien en créant un #MenAreBastards depuis un profil contenant les mots « Féministe engagé-e » dans sa description (oui, il s’agit d’une référence à #KillAllMen), ou encore au sein de mouvements féministes comme au milieu d’une Slutwalk dans laquelle une femme prétendait que les hommes n’avaient aucune place dans le féminisme.

Bien sûr il ne s’agit là que d’exemples arbitraires, mais l’on comprend comment rencontrer des mauvais individus prétendant être des féministes participe à l’incompréhension générale du mouvement.

Il existe une tendance à considérer chaque personne clamant haut et fort « Je suis féministe » comme une représentante du mouvement tout entier. Personne ne l’est. Je ne le suis pas, tout comme Inna Shevchenko, Emma Watson, Gloria Steinem ou Michael Flood ne le sont pas non plus. La définition la plus précise de ces personnes serait tout au plus représentants des droits des femmes. La différence est minime mais primordiale. J’ai toujours été étonné de voir comment les féministes sont supposés être une seule et unique entité et comment les actions et paroles d’une personne sont considérées comme emblématique de l’idéologie.

Le féminisme concerne chaque humain à travers le monde. Dans une situation parfaite, les féministes se rassembleraient et combattraient autour d’une définition commune. En réalité, même si la définition du féminisme est globalement comprise par tous, les actions qu’il est possible de mener afin d’améliorer les droits des femmes sont tellement vastes et concernent de si nombreux domaines qu’il n’existe plus de féminisme mais des féminismes.

Les médias sont à l’affût des moindres actions et paroles prononcées par les féministes dans le but de trouver un point faible, quelque chose à redire, et d’étendre cette petite imperfection à l’ensemble du féminisme. Elles souffrent souvent, exceptés les féministes du XXème siècle, d’une image négative et toxique dans la société, les médias et la culture. Violent et agressif sont deux adjectifs souvent utilités pour les décrire. Cependant, se construire une image pure et raffinée n’est absolument pas le but du féminisme. Le mouvement n’est pas là pour être aimé ou apprécié, mais pour se battre activement pour ses idées. Il vise à l’établissement d’une égalité réelle et durable, et une certaine agressivité, verbale et non physique, est une bonne manière d’augmenter la visibilité des mouvements féministes.

Cette colère fait partie du message, et est justifiée par les nombreux abus dont souffrent encore les femmes. Elle n’est pas problématique puisque jusqu’à preuve du contraire le féminisme n’a jamais tué personne.

Finalement, étant donné que le message porté par la définition du féminisme est inconfortable puisqu’il vise à changer notre culture et la manière dont la plupart d’entre nous agissons envers les femmes, un tel changement poussant forcément les individus en dehors de leur zone de confort, le féminisme n’est pas prêt d’améliorer sa réputation, mais nous avons appris et continuerons à accepter cela et à avancer malgré tout.

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● « Il y a d’autres priorités dans le monde »

Celles-ci peuvent être reliées aux droits des femmes, telles que les mariages forcés, les viols de guerre ou les mutilations génitales féminines, ou sans lien direct, comme le terrorisme, la dette, la faim dans le monde ou les enfants soldats.

Le féminisme n’a pas de frontières. Oui, à première vue, le viol apparaît comme plus important et grave que le manspreading, mais qui a dit que nous ne pouvions pas combattre les deux à la fois ?

Concernant des problèmes plus importants tels que le terrorisme ou la malnutrition, c’est aux gouvernements du monde que revient la tâche de s’en occuper, et certainement pas aux associations féministes ou aux individus féministes.

Chaque être humain sur Terre souffrant d’un problème est une situation que nous avons à prendre en charge, dès que possible, et sans les hiérarchiser puisqu’il y aura forcément toujours quelque chose de plus grave qu’une autre dans le monde. Établir une hiérarchie n’est rien de plus qu’un élitisme de la douleur. « Il y a d’autres problèmes » est sûrement l’excuse la moins courageuse. Si des individus souffrent de cancers, est-ce que cela signifie que vous n’allez pas soigner votre grippe ?

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● « Les femmes possèdent déjà les mêmes droits que les hommes »

Premièrement, ce n’est pas vrai dans tous les pays du monde, et le féminisme n’a pas de frontières, rappelons-le. Restons dans les pays occidentaux dans lesquels cette affirmation est globalement véridique. Le féminisme est vaste, très vaste. Posséder les mêmes droits que les hommes était le but de la première vague féministe, en avoir de nouveaux tels que la contraception ou l’avortement était celui de la seconde vague.

Devons-nous nous arrêter sous prétexte que les femmes ont suffisamment de droits ? Prenons l’exemple de la France. Si les mouvements féministes s’étaient arrêtés après que les femmes aient obtenu le droit de vote en 1944, elles n’auraient pas été autorisées à travailler sans le consentement de leurs maris en 1965, ou n’auraient pas eu accès à la contraception en 1967, ou à l’avortement en 1975.

Qu’en est-il de la troisième vague ? Elle a pour but que tous ces droits soient véritablement et toujours appliqués, puisqu’il existe toujours un fossé entre la théorie et la réalité. Elle vise aussi à changer certains aspects de la culture et faire en sorte que l’égalité entre hommes et femmes soit toujours respectée.

La sous-représentation des femmes dans la sphère politique, le plafond de verre, le nombre impressionnant de viols commis à travers le monde, les écarts salariaux ou la répartition déséquilibrée des tâches ménagères sont autant d’exemples de pourquoi nous avons toujours besoin du féminisme.

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● « Les féministes sont des lesbiennes poilues »

Les individus stupides et méchants sont partout. Heureusement, ils sont l’exception et non la règle.

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***

Il n’y a aucunement besoin de faire honte ou preuve de méchanceté gratuite envers les femmes présentées plus haut, qui sont simplement en train d’exercer leur liberté d’expression, mais au travers d’arguments souvent biaisés. La plupart d’entre elles ont déjà ouvert un livre ou consulté un article à propos du féminisme, et ont déjà lu sa définition, envers laquelle elles s’accordent sûrement. Dans la plupart des cas, elles ont un problème avec la manière dont celle-ci est appliquée, c’est-à-dire les actions des féministes.

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La grande majorité de ces femmes viennent des États-Unis, et pour être honnête, en tant que français, je ne connais pas bien les actions des féministes là-bas. En revanche, ce dont je suis sûr, c’est que plus elles sont extrêmes, plus elles sont médiatisées. Les Femen sont loin d’être les seules féministes existantes bien qu’elles soient les plus représentées dans les médias. Cette surreprésentation d’une minorité féministe est nocive pour l’ensemble des idéaux féministes.

        Un balayage critique des arguments utilisés

Voici donc les principales catégories que j’ai pu distingué. Elles représentent dans une certaine mesure tous les « mauvais » arguments utilisés. Si vous le souhaitez, vous pouvez chercher d’autres résultats pour « I don’t need feminism » et essayer de relier les arguments à ces catégories. Si vous n’y parvenez pas, c’est probablement qu’il s’agit là de très bons arguments, parce que oui, bien évidemment, il en existe, et je n’ai rien à leur opposer.

Bien sûr la tendance « Je n’ai pas besoin du féminisme » n’est qu’une infime partie du mouvement général anti-féministe, qui inclue de divers éléments, allant du simple manque de connaissance jusqu’au la pure misogynie. Il est aussi assez intéressant de voir que ces femmes exprimant ne pas avoir besoin du féminisme ont été rassemblées dans une page Facebook intitulée « Women Against Feminism » (Les Femmes Contre le Féminisme)

Je pense qu’il est nécessaire d’expliquer pourquoi cela soulève des problèmes. Ne pas avoir besoin de quelque chose ne veut pas forcément dire que l’on y soit opposé. Je n’ai pas besoin de prendre des somnifères pour m’endormir, et pourtant je ne suis pas contre eux, ou contre leur usage, par d’autres personnes, ou par moi-même si je venais un jour à en avoir besoin.

« Je n’ai pas besoin du féminisme » est à la base un problème à cause d’un seul mot: « Je »

Il implique forcément que tout ce qui est expliqué, dit ou argumenté n’est que le reflet d’un point de vue personnel. Il n’y aurait aucun problème si le seul but était d’exprimer une opinion sur le féminisme, tout comme on pourrait dire « Je n’ai pas besoin de viande car j’ai appris à me nourrir à partir d’autres sources de protéines » ou « parce que je n’aime pas la manière dont sont tués les animaux. »

Cependant, comme le féminisme a acquis une dimension politique importante, expliquer à travers divers arguments pourquoi certaines personnes pensent ne pas en avoir besoin peut rapidement se transformer en une manière de le décrédibiliser.

De plus, les médias prennent un malin plaisir d’amplifier l’importance et la dimension de ce mouvement, en essayant de montrer comment tant de femmes en font partie. Il n’existe pas de statistiques officielles, mais imaginons que cent mille personnes sont concernées, un tel chiffre ne représente à peine plus de 0,005% de la population féminine mondiale. Si nous devions considérer l’ensemble des hommes et femmes à travers le monde entier pouvant être classés dans le mouvement anti-féministe, le pourcentage ne serait toujours pas suffisamment élevé pour être représentatif de l’opinion générale du féminisme. Considérons que des millions de personnes sont prêtes à se déclarer ouvertement anti-féministes, à manifester, à débattre et à discuter avec tous types d’individus à propos du féminisme, nous pourrions atteindre 1% de la population mondiale.

Bien évidemment, n’oublions pas les personnes qui ne sont pas intéressées par le féminisme, l’anti-féminisme ou les droits des femmes parce que leurs vies sont suffisamment occupées, ou tout simplement par non intérêt, à la manière des absentéistes en politique.

Qu’en est-il au final des raisons mises en avant par ces femmes pour justifier le fait qu’elles n’aient pas besoin du féminisme ? La plupart d’entre elles reposent sur des préjugés ou des mauvaises interprétations sur le féminisme. Il existe certaines femmes avec de très bons arguments, par cela j’entends arguments aux antipodes des fausses idées sur le féminisme telles que « Les féministes me disent quoi penser, elles sont hypocrites, contre les hommes, etc ».

A chacune de ces femmes, peu importe que leurs arguments soient bons ou mauvais, je n’ai qu’une seule chose à dire. Merci d’avoir partagé vos idées avec le monde. Continuez à vivre votre vie, si vous pensez ne pas avoir besoin du féminisme alors qu’il en soit ainsi, faites ce que vous voulez, mais n’essayez pas d’influencer d’autres individus en utilisant des arguments peu fiables sur un sujet que vous ne connaissez qu’en surface, et laissez-nous travailler et nous battre pour les millions de femmes à travers le monde qui elles, ont besoin du féminisme.

On me répondra peut être que j’ai utilisé ces photographies parce qu’elles correspondaient aux idées que je voulais véhiculer. C’est globalement vrai. Il y a certains arguments auxquels je n’ai rien à répondre, mais combien de femmes cela représente-t-il ? Des centaines ? Des milliers ? Une aiguille dans une botte de foin.

        Qu’est exactement le féminisme et comment est-il perçu ?

Pourquoi le féminisme est-il systématiquement associé à quelque chose de toxique et mauvais pour à la fois hommes et femmes ? Pour la simple et bonne raison qu’il vise à modifier la société, qu’il s’agisse de changer ses lois, sa culture, et que le changement est ce que les Hommes craignent le plus, de telle manière que peu d’entre eux sont prêts à écouter les féministes. Oui, il est assez ennuyeux de devoir expliquer environ tout ce que je dis dans cet article à chaque nouveau individu que l’on rencontre, mais cela en vaut la peine.

Je n’ai pas trouvé de meilleure définition du féminisme que celle donnée par l’article français éponyme de Wikipédia.

Le féminisme est un « Ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. »

Une définition certes un peu longue, et pourtant simple à comprendre. Je pense qu’il est juste de considérer que le féminisme et la lutte pour les droits des femmes sont synonymes. Alors comment se fait-il que « plus je parle de féminisme, plus je réalise que la lutte pour les droits des femmes est trop souvent associée à la haine des hommes » ? (discours d’Emma Watson sur l’égalité des sexes à l’occasion du lancement de la campagne HeForShe)

Comme Emma Watson, plus je lis et discute à propos du féminisme, plus j’en viens à la même conclusion. J’ai alors demandé à des individus autour de moi provenant d’horizons sociaux divers et variés ce que le féminisme signifiait pour eux, comment ils le définiraient et ce qu’ils pensaient des féministes.

● Certains m’ont répondu qu’il s’agissait d’un mouvement cherchant à restreindre et diminuer les droits des hommes. Techniquement parlant, ce serait un moyen d’établir l’égalité entre hommes et femmes. Si l’on réfléchit à ces droits de la manière la plus simple possible, qui n’est évidemment pas représentative de la réalité, la situation actuelle serait la suivante : deux niveaux de droits, l’un correspondant aux femmes, l’autre aux hommes, le dernier étant supérieur au premier. Prenons une échelle arbitraire sur laquelle les droits des femmes sont notés à 2 et ceux des hommes à 4.

Maintenant, si l’on veut atteindre l’égalité entre hommes et femmes, il y a trois options.

  • Diminuer la position des hommes au niveau de celle des femmes (2)
  • Augmenter la position des femmes au niveau de celle des hommes (4)
  • Amener les deux positions à un niveau intermédiaire, entre les deux originelles (3)

En réalité, il existe encore deux autres options : l’égalité sur un plan « 1 » ou « 5 », le plan noté « 1 » étant un scénario catastrophe et celui à « 5 » une utopie à l’heure actuelle.

Pouvez-vous deviner laquelle de ces options fait référence au féminisme ? Personnellement, et beaucoup d’Hommes seraient d’accord avec moi, je choisirais la seconde (« 4 »). Ce qui est absolument certain, c’est que le féminisme ne concerne pas la première. Il s’agit de donner aux femmes les mêmes droits et opportunités que les hommes peuvent avoir, et non priver ces derniers de ces avantages.

● Certaines personnes m’ont répondu que le féminisme était trop focalisé sur les femmes. En effet, lorsque l’on réfléchit à propos du mot lui-même, comment se fait-il que le mouvement à la recherche de l’égalité entre hommes et femmes soit nommé féminisme ? Pour quelles raisons ne pourrions-nous pas l’appeler masculinisme ? Si hommes et femmes sont égaux, il devrait exister un égal droit pour définir le mouvement à la recherche de l’égalité entre sexes en tant que féminisme ou masculinisme.

Bien sûr je sais que le masculinisme existe déjà, mais sa définition est complexe, variable et difficile à cerner, allant d’une description d’hommes opposés au sexisme et prenant position aux côtés des femmes, à un mouvement qui se préoccupe de la condition masculine.

Serait-il plus juste de faire référence au féminisme en tant qu’égalitarisme ou humanisme ?

Éliminons l’humanisme pour se concentrer sur l’égalitarisme. L’humanisme est un mouvement culturel et philosophique centré sur une pensée critique autour de l’humanité et à la recherche du savoir. Citant Vicky Romanova, il est aussi « un mouvement culturel de la Renaissance qui avait pour but de faire revivre les idées et pensées grecque et romaine de l’Antiquité. » L’humanisme n’a rien à voir avec les droits des femmes ou les droits de l’Homme.

La question devient donc, « Serait-il plus juste de remplacer le féminisme par l’égalitarisme ? »

Puisque le féminisme et l’égalitarisme ne sont pas exactement les mêmes concepts, bien qu’ils s’entrecroisent, non. Dans un monde parfait, le mot féminisme serait remplacé par un autre, différent de l’égalitarisme, exprimant l’idée d’égalité des sexes sans être spécifiquement genré. Mais il y a quelque chose que nous devons prendre en compte. Le monde n’est pas parfait, auquel cas nous ne serions même pas à la recherche de cette égalité entre genres. Le féminisme se nomme ainsi pour la même raison que les droits des homosexuels sont appelés ainsi et non les droits des Hommes, puisqu’ils visent à élever les droits des homosexuels au même niveau que ceux des hétérosexuels.

Le féminisme est nommé de cette façon car les femmes sont les personnes dont les droits doivent être élevés au niveau des hommes. Le féminisme possède une dimension historique importante, et sa propre histoire. Les plus importants combats pour que les droits les plus basiques soient accordés aux femmes ont été menés au nom du féminisme. Et enfin, dernier argument, le mot féminisme permet aux femmes d’être visibles.

Lorsque l’on considère tous les problèmes et situations auxquels les femmes sont confrontées, le moins que l’on puisse faire est de ne pas les déranger avec des considérations si futiles et inutiles autour d’un simple mot. Oui, inutiles, car il y a une dernière chose que chacun doit savoir. On s’en fiche, royalement même. Je cite le discours d’Emma Watson une nouvelle fois puisque je considère qu’il s’agit là d’une référence pour ceux un minimum intéressés par le concept de droits des femmes et de leur position au sein de la société.

« Et si vous n’aimez toujours pas ce mot, sachez qu’il importe moins que les idées et les aspirations qu’il renferme. »

L’importance du mot « féminisme » n’est pas primordiale. Sa définition et les actions qu’il entraîne le sont. Il est triste de constater que beaucoup d’entre nous sommes d’accord sur le fait que nous devons nous battre pour l’égalité des sexes, mais de constater l’expression de rejet, d’étonnement voire même de dégoût lorsque l’on répond à ces mêmes personnes « Bien, tu es un(e) féministe alors ! »

En s’intéressant à la définition du féminisme, on réalise rapidement qu’il n’y a aucun problème avec celle-ci, mais qu’il en existe en concernant la manière dont le féminisme est compris et perçu par les gens. En effet, si la définition n’est pas assimilée de la bonne manière, le message qu’elle contient ne peut être transmis.

Quelles sont les solutions ? Je n’en vois pas véritablement en dehors de montrer la définition du féminisme aux gens, et leur demander « Êtes-vous d’accord avec cela ? Oui ? Félicitations, vous êtes féministe. Vous n’aimez pas le mot ? Ce n’est pas un problème, c’est juste un mot, passez outre. »

De cette manière demander aux gens si ils sont féministes n’apparaît plus comme pertinent. Une meilleure alternative pourrait être de demander si ils croient en l’égalité hommes-femmes, et surtout, si ils sont prêts à se battre pour elle, puisque n’oublions pas que les actes sont plus éloquents que les mots.

Je conçois très bien que poser la question « Êtes-vous féministe ? » est un raccourci, un moyen d’aller plus vite, puisque croire en l’égalité des sexes est en quelque sorte une définition simplifiée du féminisme.

Cela revient de la même façon à demander « Avez-vous des relations sexuelles ou sentimentales avec des individus de votre sexe, du sexe opposé, des deux, ou des personnes transgenres ou sans genre ? » Nous ne le faisons pas, nous demandons simplement « Quelle est votre orientation sexuelle ? »

Malheureusement, le féminisme a perdu sa définition. Ou peut être ne l’a-t-il pas encore trouvé. Si nous réalisions une expérience très simple consistant à demander à des personnes de relier des mots provenant du champ lexical de l’égalité des sexes à leur définition, je ne parierais pas sur une totale réussite concernant le mot féminisme. Demander à des individus pris au hasard de définir le féminisme a déjà montré à quel point ils pouvaient être éloignés de la réalité.

Encore pire, certaines personnes capable de donner une définition claire, précise et juste du féminisme, et qui sont d’accord avec celle-ci, refusent toujours de se considérer comme féministes. Pourquoi cela ? Par peur du mot, par peur du jugement des autres, parce qu’elles pensent qu’il s’agit d’un mouvement plutôt politique que social. Pour tout cela, remercions la société pour ne pas se battre afin de redorer le blason du féminisme, remercions les médias pour leur mise en avant systématique des actions des Femen au lieu de celles conduites par les centaines d’organisations et associations à travers le monde luttant pour les droits des femmes, diffusant ainsi à grande échelle l’idée fausse que le féminisme n’est rien de plus qu’une poignée de femmes utilisant seins nus, cris et une certaine rage comme outils de promotion de leurs idées et combats.

Pour conclure cette partie, voici un extrait d’une interview d’Emma Watson qui résume parfaitement tout ce qui a pu être dit précédemment.

« Vous avez parlé de cela dans votre discours aux Nations Unies, à propos du mot « féminisme », et je suppose, être certain que les gens comprennent ce que vous voulez dire par là, ce que vous voulez dire par le mot « féminisme ». Comment le comprenez-vous ? Je pense que beaucoup de personnes ne savent pas ce dont il s’agit. Je pense que vous avez dit quelque chose comme, pas véritablement un mot dégouttant, mais un mot que nous avons peur d’utiliser, que les gens sont réticents à l’idée de l’utiliser. Pourquoi pensez-vous qu’il en est ainsi ? »

« Je pense que les gens l’associent à la haine, la haine des hommes, et c’est très négatif. Je ne pense pas du tout que le féminisme soit cela. C’est en réalité quelque chose d’incroyablement positif. Donc je pense que c’est pour cela que les femmes sont devenues réticentes à l’idée de l’utiliser. Mais je crois que cela est en train d’évoluer, et c’est très bien. J’ai connaissance d’un nombre beaucoup plus important d’hommes féministes aujourd’hui qu’il y a quelques années, et c’est très touchant, et les gens sont revenus à ce que la définition signifie véritablement, à savoir l’égalité politique, culturelle, sociale et économique. Voilà, c’est aussi simple que cela. »

« J’essaye de me souvenir, quand j’étais un jeune homme de quinze ans, si quelqu’un m’avait demandé « Êtes-vous féministe ? », et bien, évidemment non. Mais je pense qu’à l’heure actuelle cela devrait être, si par cela vous voulez dire que je souhaite que les hommes et les femmes soient payés de la même manière, et ce genre de choses, je dirais oui, je suis féministe. »

« Je pense que les hommes croient que c’est un mot réservé aux femmes, qu’il ne regarde qu’elles, mais il signifie juste que vous croyez en l’égalité, et si vous êtes prêt à défendre cela, alors vous êtes féministe, désolé de vous l’annoncer. Vous êtes féministe, je suis désolé. Vous êtes féministe. »

        Est-ce que le féminisme et l’égalitarisme sont identiques ?

Comme je l’ai dis plus tôt, certaines personnes soutiennent que le féminisme devrait être remplacé par l’égalitarisme.

Quelles sont les définitions de ces deux mots ? La majeure différence entre eux deux repose dans le fait que le féminisme recherche l’égalité entre hommes et femmes, alors que l’égalitarisme a pour but cette même égalité entre tous les citoyens du monde, sans distinction de religion, orientation sexuelle, sexe ou n’importe quelle autre catégorisation. Nous pouvons désormais voir la légère différence qu’il existe entre les deux termes, de telle manière que même si les définitions sont très proches l’une de l’autre, nous ne pouvons affirmer avec exactitude que les mots sont synonymes.

Il est pourtant possible de démontrer que le féminisme implique l’égalitarisme, et que l’égalitarisme implique le féminisme.

En termes mathématiques, féminisme ≠ égalitarisme.

Néanmoins, féminisme → égalitarisme et égalitarisme → féminisme, ce qui peut être simplement résumé par féminisme ↔ égalitarisme.

Commençons par l’égalitarisme impliquant le féminisme. Si vous pensez que tous les individus, peu importe leurs caractéristiques, sont égaux, alors hommes et femmes sont égaux puisqu’ils sont ce dont les citoyens sont constitués. Je ne parle pas des personnes transgenres ou sans genre puisque je veux garder les choses aussi simples que possible, mais il est évident qu’elles ne sont pas différentes des hommes et femmes en termes de droits.

Maintenant, à propos de comment le féminisme implique l’égalitarisme. Le féminisme vise à rendre hommes et femmes égaux, sans faire de distinction de religion, orientation politique, etc. Il ne s’agit pas de rendre les hommes noirs égaux aux femmes noires, ou les chrétiens égaux aux chrétiennes. Le féminisme se ne préoccupe pas d’une autre chose que le genre.

        Se battre pour les droits des femmes ou se battre pour expliquer ce qu’est véritablement le féminisme ?

Quelle est la prochaine étape ? Devons-nous nous concentrer sur la lutte contre le harcèlement sexuel, le plafond de verre, les mutilations génitales féminines et tellement d’autres problèmes ou devons nous placer tous nos efforts dans la réattribution au féminisme de son vrai sens de telle manière que plus d’individus soient conscients de ce dont il s’agit et puissent rejoindre ce mouvement ?

En d’autres termes, devons-nous nous battre aux côtés des gens sachant ce qu’est le féminisme, c’est à dire une minorité, sans s’occuper des individus haineux, ou devons-nous tenter de convaincre plus de personnes de rejoindre cette lutte en s’assurant que leur perception du féminisme ne repose plus sur des préjugés et des idées fausses ?

Nous pouvons évidemment faire les deux. Vous me direz que c’est ce que nous faisons, mais lorsque l’on compare sur le siècle dernier l’évolution des droits des femmes et la manière dont le féminisme a été perçu, on réalise que la situation des femmes s’est nettement améliorée, mais que le féminisme n’a jamais été considéré comme acceptable et positif.

Encore même aujourd’hui, à une époque où la grande majorité d’entre nous s’accorde sur le fait que les combats des féministes de la première et seconde vague étaient justifiés et à la recherche d’acquis primordiaux, on se rend compte qu’elles étaient jugées par la société de la Belle Époque, des Années Folles ou des Trente Glorieuses de la même manière que les féministes le sont aujourd’hui.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, depuis les origines du mouvement, de faire en sorte qu’il soit considéré comme positif, mais nous n’avons jamais réellement réussi. Je ne pense pas que nous réussissions un jour. Comme je l’ai expliqué auparavant, le féminisme vise à changer notre société, et les individus la constituant sont profondément effrayés par cela, et par conséquent s’y opposent. C’est pour cela que tellement de gens sont contre le féministe, parce qu’ils ne le comprennent pas ou en sont effrayés lorsqu’ils savent ce dont il s’agit vraiment. Je ne rentrerai pas dans les détails du pourquoi le changement est si effrayant, de nombreux articles sur Internet le font très bien et quelques exemples sont donnés dans les sources.

Penser que nous puissions faire un jour en sorte que chaque individu sur Terre soit d’accord sur la définition et les actions du féminisme est bien sûr utopique. Il existera toujours des gens qui n’auront aucune opinion ou intérêt à propos des droits des femmes, et il s’agit là de quelque chose que nous devons respecter, de la même manière que nous ne pourchassons pas ceux qui ne votent jamais.

Emma Watson (oui, encore) demandait : « Comment pouvons-nous espérer changer le monde quand la moitié de la population n’est pas invitée ou n’a pas le sentiment d’être la bienvenue pour prendre part au débat ? » afin de rendre les hommes conscients du rôle primordial qu’ils ont à jouer dans la lutte des sexes.

Je souhaiterais ajouter, « Comment pouvons-nous espérer changer le monde quand si peu d’individus savent en quoi consiste la lutte pour les droits de la moitié de sa population, et quand si peu d’entre eux agissent dans cette optique ? »

Il est assez incroyable de voir que la majeure partie de ce que j’ai pu dire peut être résumée en un simple test disponible ici : http://lesglorieuses.fr/etes-vous-feministe/

***

J’espère que cet article et ce petit test très rapide suffiront à convaincre les gens de répondre, la prochaine fois qu’on leur demandera si ils sont féministes, « Oui ». Ce serait un important premier pas, le second étant « Et maintenant, qu’allez-vous faire chaque jour afin d’améliorer la situation et les opportunités des femmes ? »

Comme les actes sont plus éloquents que les mots, voici un rappel de toutes les petites actions que nous pouvons entreprendre dans cette direction.

● Prenez l’habitude de réagir lorsque des situations sexistes se produisent. Si vous êtes témoin de quelque chose qui vous énerve à propos de la manière dont les femmes sont traitées, expliquez à la personne faisant preuve de sexisme ce qu’elle est en train de faire, puisqu’il est fort probable qu’elle ne prenne pas la pleine mesure de ses actes et des conséquences qu’ils peuvent avoir. Parlez-en avec vos amis, votre famille, vos collègues. Il peut s’agir de simples blagues, de publicités ou de remarques personnelles. Ne riez pas aux blagues sexistes, elles ne sont rien de plus que de l’humour oppressif.

● Défendez les femmes lorsque c’est nécessaire. Combien de fois ai-je pu lire des témoignages de femmes ayant été harcelées, agressées ou violées en présence de témoins qui n’ont pas daignés réagir ? Bien sûr briser l’effet témoin ne se limite pas aux situations où des femmes sont en danger mais concerne tout individu susceptible de l’être.

● Cessez d’appeler les jeunes femmes des filles.

● Ne dites jamais à une personne qu’elle ne peut pas faire quelque chose à cause de son sexe, ou même de son âge, sa religion, sa couleur de peau, son éducation, ou quoi que ce soit d’autre.

● Soyez familiers avec les concepts de culture du viol, le slutshaming, la culpabilisation des victimes et l’objectivation des femmes.

● Apprenez et éduquez vous. Lisez sur le féminisme, à propos de son histoire, ses théories. Je ne parle pas nécessairement de livres, des articles peuvent très bien faire l’affaire. Prenez conscience de la manière dont l’oppression des femmes a lieu dans notre société actuelle. Lisez, pensez et discutez. Cela ne signifie pas forcément participer aux Slutwalks ou rejoindre des associations féministes et dévouer des dizaines d’heures de votre vie chaque semaine à la défense des droits des femmes, mais prendre conscience de la réalité des problèmes est un premier pas de géant.

Nous sommes tous des féministes, exceptés les gens stupides, mais expliquer comment et pourquoi faire d’eux des personnes intelligentes croyant en l’égalité des droits entre hommes et femmes ne prendrait pas un autre article mais tout au moins un livre entier, sans que l’on soit sûr d’y parvenir un jour.

Nous sommes tous des féministes. La prochaine grande question est, « Êtes-vous des féministes activistes ? »

        Sources

HeForShe Conversation with Emma Watson on International Women’s Day 2015 [Full Q&A] – Official – https://www.youtube.com/watch?v=LNi9Ypc0cg8

Emma Watson at the HeForShe Campaign 2014 – Official UN Video https://www.youtube.com/watch?v=gkjW9PZBRfk

https://fr.wikipedia.org/wiki/Féminisme

https://en.wikipedia.org/wiki/Feminism

http://thoughtcatalog.com/emma-reading/2015/01/its-time-we-talked-about-feminism-properly/

http://cafaitgenre.org/2013/09/02/arguments-anti-feministes-4-on-devrait-se-debarrasser-du-terme-feminisme/#more-2230

http://www.egalitariste.net/2013/02/25/deconstructions-des-cliches-les-plus-courants-au-sujet-du-feminisme/

http://radgeek.com/gt/2000/07/11/what_you/

https://twitter.com/THEBLACKWlDOW/status/607923007097569280?lang=fr

        Contact

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